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Les vies minuscules de Roland Farthes ( part 2 )




Roland faisait un sommet au colloque de sa gloire.
Soudain, il attrapa une maladie asiatique extrêmement rare et se transforma peu à peu en fougère. Il déménagea donc en Bretagne et se mit au sport.


Roland faisait un solloque au commet de sa gloire.
Soudain il se sentit très vieux et se rendit compte qu'il n'intéressait plus personne.
Ses collègues le snobaient ou lui rendaient des hommages tellement vibrants qu'ils sentaient le sapin. Ses livres passaient de l'imprimerie au pilon. Ses colloques étaient quasiment déserts et n'attiraient plus que de vieux ratiocineurs – auxquels je dois bien ressembler se dit Roland dans un accès de mélancolie.
Il s'en plaignit à Nana, même si, depuis quelques temps, elle non plus n'avait plus les yeux qui brillaient lorsqu'elle lui parlait ou lorsqu'elle le regardait.
Elle ne dit rien.
Elle était morte depuis deux jours.


Roland Farthes faisait un sommoque au collet de sa gloire.
Soudain il se rendit compte que Nana le trompait avec Ricardo, le masseur du club de tennis. Roland fit une scène à Nana en lui disant qu'elle était l'amour de sa vie et en exigeant qu'elle choisisse entre les deux hommes.
Apprenant ce chantage, Ricardo avoua à Nana qu'il s'appellait en vérité Mourad et qu'il était le fils de l'émir du Qatar.
Outrée d'être ainsi prise pour une cougourde vénale, Nana se rapprocha à nouveau de Roland, qui ne mit pas longtemps à la saoûler avec ses remerciements, ses petit-déjeûners au lit et ses bouquets de roses.
Elle décida de partir quelques temps aux Maldives pour faire le point sur sa vie. A son arrivée, elle rencontra Ben, un surfeur australien qui venait de rompre avec Kelly parce qu'elle couchait avec avec Otto le shapeur des planches de Ben.
Ben était musclé et sa peau avait un goût de sel mais il ramenait toujours du sable dans le lit et ça agaçait beaucoup Nana.
Lassée de ces aventures sans lendemain, Nana se rendit à une conférence sur l'épanouissement personnel organisée par l'hôtel. Une lueur malicieuse passa dans les yeux de Kenzo, le conférencier, un indien guarani spécialiste de la régénération spirituelle lorsque Nana l'interrogea sur les propriétés de sa plante totem.
Coup de foudre.


Roland Farthes faisait un colloque au sommet de sa gloire.
Soudain, ce fut l'instant fatidique où tout bascule.
Roland l'avait senti s'approcher et il le redoutait de tout son être. Il savait que l'on ne ressort pas indemne de la confrontation avec un moment fatidique où tout bascule. Il craignait les conséquences du basculement ou du glissement mais plus encore il craignait de ne pas être capable de s'y adapter. L'idée d'être déposé sur la berge comme un vieux bidon de lessive par la grande marée l'effrayait et lui faisait honte.
- Sois la planche, sois la vague murmurait-il inlassablement, sois la planche, soit la vague, ce vieux mantra que lui avait enseigné son maître David lorsque jeune sauveteur il s'élançait fougueusement mais sans expérience à l'assaut des vagues de Mimizan pour aller porter secours à une demoiselle en détresse qui se révélait souvent être un gros chauve qui avait bu la tasse.
- Sois la planche, sois la vague se dit à nouveau Roland
Et puis ce fut tout.

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