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Le longe-côte



Chers téléspectateurs, bienvenue pour ce 129e numéro de Libre antenne. Avec nous ce soir Roland Farthes qui nous revient avec son nouvel opus Mythologies volume 37 aux Editions du Seuil et Jean d’Ormesson dont paraît le nouvel essai L’art de couper la parole avec des citations en -an chez Gallimard.

Alors on ne présente plus Roland Farthes dont les précédentes scories ont fait couler beaucoup d’encre. On se souvient de la DS, du bifteck et des frites dans le 1er volume. Il y eut aussi bien sûr la tektonik , le scrap booking ou les boy’s band. Cette fois-ci, vous nous revenez avec un sommaire alléchant avec notamment des textes sur les crocs, la cagoule 3 trous, le longe-côte ou encore Femme au volant, mort au tournant. J’en passe et des meilleures.

Face à vous, Jean d’Ormesson, jamais meilleur que quand il laisse la parole aux autres comme c’est le cas cette fois-ci encore avec cet Art de couper la parole avec des citations en -an 3e du nom. On se souvient bien sûr de son prédécesseur L’art de couper la parole avec des citations en -ard pour ne citer que celui-ci.

Deux regards acérés d’une grande acuité sur une certaine sapidité du monde contemporain qui se confrontent autour de ce texte que vous avez bien voulu nous délivrer en avant-première, merci Roland, sur le longe-côte. Alors messieurs sans plus attendre, je vous propose d’entrer dans le vif du sujet. C’est parti pour cette 129è édition de la Libre antenne. Let’s talk !

- Le longe-côte, aussi appelé lounge coasting outre-Manche…
- Comme dirait François Mitterand, vous savez que je l’ai bien connu, il me disait «  Que serait la francophonie si personne ne parlait français ? »
- Oui donc le longe-côte consiste à immerger son corps jusqu’au plexus solaire et à marcher en longeant la côte éventuellement accompagné d’un ami…
- Savez-vous ce que me disait Pierre Mac-Orlan, je l’ai bien connu et il me disait : «  Naturellement, comme au début de toutes les explorations de ce genre, un ami m’attendait. Je ne pouvais espérer un meilleur guide. L’un et l’autre, nous savions flâner… »
- Bien mais l’essence du longe-côte, pardonnez-moi, la littérature sur le sujet est assez mince…
- Jean Paulhan disait : « Chacun sait qu’il y a de nos jours, deux littératures : la mauvaise, qui est proprement illisible ( on la lit beaucoup ). Et la bonne qui ne se lit pas. » Et il faut avouer que…
- Ouais donc le longe-côte c’est la sisyphité hellénistique dans toute sa splendeur…
- Savez-vous ce que disait Boris Vian, il est mort trop jeune, on allait dans les clubs de St-Germain écouter Miles, il disait «  Il y a deux façons d’enculer les mouches : avec ou sans leur consentement. »
- C’est ça, fais ton malin. Donc je disais : « A l’instar du ski alpin dont la dichotomie dichotomique monter descendre, monter descendre est pour le moins binaire, le longe-côte est l’incarnation de la pauvreté…
- Vous savez ce que dit Mc Luhan, Marshall Mc Luhan : « L’argent est la carte de crédit du pauvre... »
- C’est ça tocard donc «  l’incarnation de la pauvreté conceptuelle puisqu’il s’agit de faire des allers et retours le long de la grève engoncé dans une combinaison qu’on aura eu bien du mal à enfiler... »
- Paul Nizan disait : « Vais-je essayer enfin de croire en moi dans les miroirs ? »
- Ah ben enfin on se chauffe papy. Donc une fois enfilée, et croyez-moi une fois j’ai dû demander à une mamie de m’aider une fois…
- Le grand écrivain roumain qui nous a quitté il y a 20 ans, Emil Cioran, disait : « L’anecdote est à l’origine de toute expérience capitale ».
- Donc après ça c’est parti. Il y a les petites mamies avec leur combinaison turquoise encadrée par des moniteurs qui s’emmerdent.
- Jean-Jacques Screiber Servan disait : « Il n’y a pas de mauvais peuple, il n’y a que des mauvais bergers.»
- Screiber Servan connais pas donc des petites mamies et quelques mecs en combinaison bleu marine, une pratique assez genrée mais où les discriminants sexués sont patents et où les solitaires allongent la jambe.
- « Rahan n’a pas peur de l’homme aux longues jambes » disait Rahan.
- Ouais on avance parce que ça va pas en s’arrangeant, donc une fois sorti de l’eau, encore faut-il réussir à s’extirper de la combi. A commencer par les bras puis les pattes.
- Rantanplan disait : «  La papatte ? Pourquoi la papatte ? »
- Ouais, les mots me manquent.
- Lacan disait : « Le mot n’est pas signe mais nœud de signification. »
- Ouais en attendant pépère, à part faire le beau dans ton fauteuil de l’académie, …
- Je ne sais pas si vous avez connu la Maillan. Ah Jacqueline, ça c’était une amie, comme elle aimait à me le dire : « Dans un théâtre, les seuls trucs que je n’ai pas réussi à faire rire, ce sont les fauteuils... »
- Je crois que je vais me mettre à la boxe…
- Duchamp disait « Nous estimons les ecchymoses des Esquimaux aux mots exquis. »
- Un bon coup dans ta gueule, pour la fermer si ça peut y contribuer.
- Reagan ( Ronald Reagan ) disait : « Chaque contribuable est quelqu’un qui travaille au profit du gouvernement sans être astreint à passer les concours de fonctionnaires. »
- Redis-ça peigne-cul !
- Comme disait Agnan : «  Vous ne pouvez pas me taper, j’ai des lunettes ! »
- Tu veux une citation pour ton prochain torche-cul : « Il aime bien, Eudes, donner des coups de poing sur le nez. »
- Comme disait Marcel Cerdan : «  Faut que j’y aille, je vais louper mon avion. »
- Commence par fermer ta gueule.
- Conan le barbare disait : « Prenons ce monde sans pitié à la gorge et obligeons-le à nous donner ce que nous désirons. »
- Ta gueule.
Eh bien merci messieurs pour cette émission et à la prochaine fois.

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