M'inspirant du modèle
des circonférences dont le principe consiste à tourner autour du
sujet ( sans doute dans le but de l'étourdir, voire de l'hypnotiser
afin de le faire mieux parler de lui-même ), je vous propose une
surconférence. Qui plus est, une surconférence en forme de poire.
J'y reviendrai.
La surconférence, comme
son nom l'indique, se place au-dessus de son sujet et adopte le
regard perçant de l'aigle affamé. Si le sujet est circulaire,
prenons par exemple un ballon, rien ne nous empêche de mêler à la
fois la rotation hypnotisante de la circonférence à la hauteur de
la surconférence.
Ce ne sera pas notre cas,
je vous le dis tout net, puisque notre sujet sera en forme de poire.
Notre sujet sera même la poire. J'y reviendrai.
Autre précision
méthodologique, quand je dis être au-dessus du sujet, inutile de
prendre un hélico comme notre ami Yann-Arthus. La surconférence
demande simplement de ne pas pouvoir effleurer le sujet, ce qui dans
notre cas va nous rendre la tâche singulièrement plus complexe, car
je suis gourmand.
Ainsi, pour cette
première surconférence, j'ai décidé de m'attaquer à cette
question mythique posée par le sphinx Eric Satie par cette belle
journée de printemps 1913 à l'occasion de l'assemblée générale
de l'antenne farthienne de Donville les Bains. Donc figurez-vous un
instant Eric Satie, le compositeur, pas le cycliste, véritablement
déguisé en sphinx, on l'imagine dans son costume orange de lion
égyptien. Il ne bronche ni ne pipe mot de toute la séance, jouant à
merveille son rôle de sphinx, on s'imagine qu'il dort, il se gratte
l'oreille, sa queue chasse les mouches, on se figure que ce sont des
mouvements réflexes, quand soudain, il se dresse et s'écrie :
Bon dieu, la poire belle hélène est-elle encore un fruit ?
Or, bien que cette
question de monsieur Satie date de 1913 et qu'elle soit relativement
bien connue de la littérature farthienne, personne n'y a pour
l'instant apporté de réponse plus aboutie que oui, non, peut-être.
Revenons un instant à la
surconférence. Comme la sur-face, qui est sur la face, la sur-prise,
qui est sur la prise, le sur-imi, qui est sur imi ( je pose la
question, qui est sur imi ? Ca me rappelle ce film Et toi, t'es sur
qui ? qui décrivait les amours adolescentes, Et toi t'es sur qui ?
Moi, chuis chur-imi – Rire con - ).
Bref, la surconférence
est sur, mais elle n'est pas certaine.
Preuve est donc faite
qu'on peut être sûr sans être certain, et inversement, d'ailleurs
on ne dit pas sur-certain, le préfixe ne sert à rien, ça ne veut
rien dire surcertain, c'est même pas français, à moins de créer
un néologisme mais alors là, bonjour les conneries, on n'est pas
des hipsters – de merde - ( toujours rajouter de merde quand vous
parlez des hipsters – de merde ).
Donc la poire
belle-hélène est-elle encore un fruit ?
Note personnelle : pour
faire une bonne surconférence sur la poire Belle-Hélène, pense à
retirer le palmier mulicolore qui se trouve parfois sur la
poire Belle-Hélène. Sinon, tu risques tout simplement le hors-sujet
à prendre le palmier pour la poire.
Le sur-vêtement se porte
sur, sur Erik Satie ( Erik, le compositeur, pas le cycliste, a
beaucoup utilisé le survêtement quand il s'est mis à la
Gymnopédie, pour perdre les quelques kilos qu'il avait pris au
niveau de l'abdomen pendant ses recherches sur la Belle-Hélène
).
Le survêtement se porte
aussi sur Jeannie Longo, la cycliste, pas la musicienne. Or Jeannie,
comme Erik, pour des raisons d'hygiène et pour éviter les
frottements, portent aussi des sous-vêtements. Le bon sens voudrait
qu' Erik et Jeannie soient entre le survêtement et les sous
vêtements.
Or il n'en est rien, ce
qui est positivement absurde !
Est-ce cette absurdité
du monde qui va comme il va qui poussa Erik, le cycliste, pas le
rouge, à poser cette énigme : Bon dieu, la poire Belle-Hélène
est-elle encore un fruit ?
Car après tout, la poire
Belle-Hélène est bel et bien sur la glace à la vanille et sous le
chocolat fondu. Alors, alors, pour une fois, c'est logique, qu'est-ce
qu'il y trouve à redire ce vieux cornichon de Satie ?
Je reprends : notre
surconférence est en forme de poire, tout comme les morceaux
composés par Satie, le musicien pas le cycliste. Or moi je veux
bien mais un morceau de poire n'a pas forcément une forme de poire.
Idem un steack n'a pas forcèment la forme d'une vache, la banane, du
point de vue formel n'a que peu de rapport avec le singe, le tout
n'est pas la partie mon bon monsieur, on le sait depuis fort
longtemps, la répétition des structures, les fractales, je veux
bien, mais monsieur Satie n'a pas toujours dit que des choses
intelligentes, et ce n'est pas Jeannie Longo qui dira le contraire,
la cycliste pas la musicienne.
Bien décidé à trouver
un compromis afin de ne pas sombrer dans la folie douce, je décide
de couper la poire en deux ( de préférence en forme de poire
histoire de ne froisser personne ).
Or Jeannie me fait
remarquer qu'ainsi nous obtenons deux morceaux en forme de poire et
qu'Erik, le musicien, pas le cycliste, en a composé trois.
C'est l'impasse. En forme
de poire.
Hipsters de merde !
Plongeons Jeannie dans
une coupe de glace à la vanille, recouvrons-là légèrement de
chocolat tiède, obtenons-nous une belle-Hélène, ou même une Betty
Boop ou encore une Dita Von Teese ?
Bref, la poire
Belle-Hélène est-elle toujours un fruit ?
F.B.
F.B.
Cette pseudo conférence marécago-potagère ne m'inspire que ragoût !
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